Les étudiants de l’IEP de Lyon à bout

Les étudiants de l’IEP de Lyon à bout

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Depuis plusieurs semaines la plupart des étudiants de l’Institut d’ Etudes Politiques de Lyon subit les conséquences d’une minorité qui use de moyens illégitimes pour essayer de se faire entendre. L’objet de cette lettre n’est pas de prendre part au débat de fond animant une partie de l’enseignement supérieur, mais de relayer l’opinion de beaucoup d’étudiants qui, parce qu’ils estiment que le blocage a assez duré, ont envie d’affirmer avec vigueur qu’ils souhaitent reprendre les cours.

Faire grève, par essence, demande du courage. L’esprit de sacrifice, pour une cause que l’on considère plus importante que sa petite condition individuelle. On respecte le gréviste car il risque d’y laisser sa peau. On se moque du bloqueur car sa lâcheté le pousse à associer (de force) tous les étudiants à sa lutte, pour s’affranchir du prix à payer. Plus on est de fous, plus on rit est son credo.
Mais nous ne sommes pas fous, et nous ne voulons pas être assimilés à ce non-sens démocratique que représente le blocage d’une école. Nous n’accepterons jamais qu’une bande de quinze étudiants mobilisés nous bloque l’accès à une salle de classe au nom de la lutte, car accepter cela c’est accepter la loi du plus fort.

Quelle ironie, que ces mêmes étudiants qui crient sans cesse à l’Etat-policier se retrouvent à jouer aux petits flics, la légitimité en moins.

Parlant de légitimité, abordons le problème des assemblées générales étudiantes.Qui a déjà assisté à une AG conviendra d’une chose : c’est le cirque. Premièrement, une AG est par essence antidémocratique pour des raisons purement matérielles : un amphi ne sera jamais assez grand pour accueillir ne serait-ce que la moitié des étudiants concernés par le vote, et vérifier le certificat de scolarité de chaque étudiant serait bien trop laborieux. Ainsi, les fêtards qui passent par là ne se privent pas de venir donner leur opinion sur une question qui ne leur est pas posée. Deuxièmement, le comptage des voix à mains levées, quand l’amphithéâtre est plein à craquer, est physiquement impossible – ce qui aboutit à des scènes ubuesques où les compteurs sont contraints de négocier pour aboutir à un résultat : « – T’as 152 ? Merde j’ai 192… Bon disons 172 ok? ». Troisièmement, last but not least, le contenu des débats et les motions proposées. Outre les fameux « pour ou contre un atelier PQ » ou « pour ou contre le blocage des toilettes », l’ambitieux « pour ou contre l’abolition du capitalisme », n’oublions pas les énormités sorties par certains étudiants, la voix vibrante et le coeur galopant : l’inquiétant « La liberté, mais franchement ça veut dire quoi la liberté !? » ou le clownesque « Il faut lancer un mouvement d’inertie ! ». Enfin, un étudiant nous précise que si le blocage est levé, la commission « bouffe » ne pourra plus nourrir le lapin avec les épluchures de légumes ! Et un petit groupe de rire…
Quelle ironie, que ces mêmes étudiants qui hurlent à l’abrutissement des masses par TF1 et consorts se retrouvent à organiser des AG.
Nous ne nous sommes en rien solidaires de ce grand n’importe-quoi.

Aux yeux de certains, nous sommes en vacances depuis plusieurs semaines. Laissez-nous corriger cette image : les bibliothèques universitaires sont ouvertes, les professeurs restent joignables, des bibliographies sont à notre disposition et les travaux de recherche sont encore d’actualité. Nous ne perdons pas notre temps à créer des commissions « bouffe », ou « spectacle », ou à tenter de débrayer des écoles maternelles. Les journées de ceux qui occupent l’IEP sont certes très chargées : disserter sur la libération de la Palestine, réfléchir sur l’avenir de nos enfants, regarder des DVD dans l’amphithéâtre, ou encore jongler avec des patates. Les cours ? Inutiles répondent-ils. Le mouvement leur apprend beaucoup. S’ils ont raison, le Ministère devrait dès maintenant réfléchir à de nouveaux programmes de recherche. Comment organiser un petit déjeuner autogéré, quelle marque de bière acheter et quelle couleur de marqueur faut il préférer figureront bien sûr au rang des unités d’enseignement incontournables.

Quelle ironie que ces mêmes étudiants qui s’offusquent du chômage des jeunes s’entêtent ainsi à mettre en péril la réputation de leur formation, et avec elle celle de tout le système universitaire français.
Pour finir, soulignons que ce blocage perturbe le calendrier universitaire et les projets de chacun. Par projets nous entendons par exemple les stages, que beaucoup d’étudiants à l’IEP ont déjà trouvé ou recherchent activement. Nous pensons aussi aux étudiants étrangers, qui sont venus en France pour acquérir des connaissances et dont le retour ne peut être retardé.

Conscients que l’image de l’IEP de Lyon souffre de ce blocage anti-démocratique et illégitime, nous tenions à mettre les choses au clair : non, tous les étudiants de l’IEP de Lyon n’approuvent pas les modes d’action employés par une minorité d’étudiants en colère. Si la grève est infiniment respectable à nos yeux car elle requiert du courage et un certain sens des responsabilités, le blocage n’est qu’une violence illégitime à l’encontre d’étudiants qui, simplement, ont une définition différente du mot « liberté ».
source : NovopressLyon

Rebeyne! apporte son soutien à tous ceux qui luttent contre la dictature de la minorité fasciste qui impose le blocage, quelques soient leurs opinions politiques. Nous serons toujours dans le camp de la liberté.

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