Décroissance nécessaire

Décroissance nécessaire

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Le XXème siècle a vu l’essor de la société consumériste. Celle-ci est basée sur la production de biens à grande échelle, et donc sur l’exploitation exponentielle des ressources naturelles. C’est ainsi que beaucoup des réserves emmagasinées par la Terre depuis des millions d’années ont été consommées en un siècle. Le gaspillage est devenu le premier des devoirs civiques, faisant de ce modèle l’antithèse de la société traditionnelle.

Dans le cadre de celle-ci, la frugalité était rendue nécessaire par l’esprit de subsistance. Ainsi une préoccupation constante du milieu naturel existait : on se souvient de Colbert qui faisait replanter des arbres pour permettre à la marine française future de continuer à fabriquer des mats de navires.

Avec l’accélération de la production à grande échelle, le milieu naturel n’a cessé de se dégrader. La production de déchets est ainsi en hausse constante, essentiellement dans les pays industriels : 4 milliards de tonnes de déchets sont générées annuellement par les 25 pays de l’OCDE. Les gaz polluants comme le CO2 sont de plus en plus présents dans l’atmosphère tandis qu’une surface forestière équivalente à la Grèce est annuellement détruite. Parallèlement, on commence à entrevoir l’épuisement de certaines ressources telles que le pétrole ou l’uranium.

Face à ces menaces s’est développé à partir de 1973 le concept de développement durable. Il se définit comme « le développement qui répond aux besoins des générations du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs ». En fin de comptes, il vise seulement à rechercher des solutions qui éviteraient de rendre la croissance infinie non catastrophique. Malheureusement, l’amélioration des techniques de contrôle n’agit que sur les conséquences de la production sans frein, non sur les causes. Le développement durable s’inscrit donc totalement dans le système de production et ne remet pas en cause le système marchand.

De la critique du développement durable est née une autre théorie, celle qui vise à organiser la décroissance. Elle se veut une véritable rupture avec la logique productiviste actuelle et nécessite en cela une véritable transformation des esprits.

Elle ne vise en fait rien de moins que l’effacement du monde des objets devant celui des hommes. Il reste encore un peu de chemin…

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