En finir avec l’écologie bisounours

En finir avec l’écologie bisounours

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Pas une journée, vautré dans son canapé face à sa télévision, sans que le français moyen soit assiégé par des spots publicitaires l’invitant à couper le robinet pendant qu’il se brosse les dents ou à utiliser des ampoules basse tension. Le tout sur fond de Christophe Maé avec un simili-reportage sur les enfants de Patagonie ou, quand les auteurs de la micro-émission se donnent la peine de se tourner vers la France, sur la maison de Patrice et Chantal, équipée de panneaux solaires performants. Et toujours le même sourire béat de la présentatrice qui nous explique de manière rassurante qu’il est « facile et économe » d’aider la planète. Voila le projet écologique français, voire occidental, de ce début de siècle : l’écologie-bisounours. Les problèmes de biodiversité et l’enjeu plus général de la protection de la nature sont solidement empaquetés dans un emballage rose-bonbon, traités comme des sujets à part, entre l’actualité de l’OM et du PSG, comme déconnectés de la sphère politique, comme s’il s’agissait d’un bête enjeu humanitaire censé rencontrer l’approbation générale des citoyens et de la classe politique, par-delà les clivages partisans. Ainsi, on se donne bonne conscience à bas coût en fermant les robinets : on a « aidé » la planète. Mais pas une seule fois, dans ces invitations constantes à la prudence écologique, on entend les mots « terroir », « campagne », « urbanisation », « capitalisme », etc. Pourtant, la problématique écologiste est politique, économique, culturelle ; en un mot : civilisationnelle. Et une attitude écologiste cohérente rencontre nécessairement des résistances et des oppositions virulentes de la part des puissances d’argent !

Car, si l’on se donne la peine d’être écologiste jusqu’au bout, on prend rapidement conscience que la protection de nos campagnes et de la ruralité (artères pulmonaires de notre identité nationale) va à l’encontre de la logique internationaliste (« sans-frontièriste ») qui sous-tend la course au profit capitaliste. Comment concilier l’amour de nos campagnes, de la « vie lente », des traditions ancestrales et des produits « sains » avec la fuite en avant d’un capitalisme financiarisé déconnecté de l’économie réelle, donc de la terre dans tout ce qu’elle a de plus noble, et qui assassine nos petites entreprises déjà assommées par un fiscalisme tyrannique ? Comment concilier ce même amour de nos campagnes et d’une alimentation biologique et authentique avec l’urbanisation galopante et le libre développement des grandes surfaces ?

On le voit bien : ce ne sont pas deux ou trois conseils écolos, sponsorisés par quelque multinationale qui veut redorer son blason, qui vont sauver « la Terre ». Tout d’abord, il faut savoir de quelle terre on parle. Et cela pose évidemment la question du régionalisme et de la reconquête de notre environnement immédiat, c’est-à-dire du local : on ne sauvera pas la planète de manière centralisée et avec une approche globalisante, il faut d’abord réenraciner les populations (au moyen de la relocalisation de l’économie par exemple) dans leurs patries charnelles pour redévelopper l’amour du terroir dans l’esprit des populations.

Julien LANGELLA pour LES IDENTITAIRES

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