Horizon géopolitique

Horizon géopolitique

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[…]les Européens ont un destin propre ; ce destin est d’une part distinct de celui des Amériques ; d’autre part qu’il est antagonique avec l’Islam et l’Asie. Les Européens, et par extension les Occidentaux, avaient dominé le monde depuis le XVIème siècle, mais l’histoire européenne est entrée en léthargie après le suicide des deux guerres mondiales, qui est la conséquence, pour partie des nationalismes postrévolutionnaires, pour le reste du jeu de la finance mondialiste. Le mondialisme américain a réveillé civilisation orientales, l’islam, la Chine, l’Inde … Toutes se réveillent et nous devons nous attendre, dans les décennies à venir, à ce qu’il faut bien appeler une revanche des civilisations contre l’Homme blanc. Par conséquent, même si l’islam occupe une place centrale dans cet ouvrage, la Chine, l’Inde, l’Amérique latine y trouvent également leur place. Un long chapitre est aussi consacré à la renaissance de la Russie, d’où il ressort qu’Européens de l’ouest et Russes ont intérêt à se rapprocher. Au fond, implicitement ce que dit ce livre, c’est que si les Européens veulent éviter de nouveaux orages d’acier, ils doivent impérativement renouer à la volonté de la puissance. Volonté de puissance n’est pas synonyme de volonté de guerre, mais, comme le dit très bien Dominique Venner, « capacité à conserver un horizon de guerre ». Les Américains, les Russes, les Chinois, les Arabes, les Israéliens … Et j’en passe, tous vivent dans cet horizon de guerre. Ils savent que s’ils veulent compter dans le monde et assurer à leurs fils un rang d’hommes libres, alors ils doivent garder le regard fixé sur cet horizon de guerre. […]

sJe crois effectivement que l’histoire mondiale est marquée pas plusieurs combats déterminants. Le premier combat est celui que livrent les Etats-Unis contre la Russie, la Chine, l’Europe et l’Amérique latine. Seuls les Européens, plongés dans une profonde léthargie consumériste et individualiste depuis 1945, n’en ont pas encore pris conscience. Le deuxième grand combat est celui que l’islam livre contre les autres civilisations. C’est un islam jeune et conquérant, qui rêve d’étendre sa vérité au reste du monde, et qui partout, de Jakarta jusqu’a Casablanca, fait trembler l’édifice des régimes musulmans modérés. Son moteur est l’humiliation ; l’humiliation d’avoir su sa formidable expansion des premiers siècles brisée jadis par l’audace et la créativité européennes. Cet islam fait la guerre à l’Occident, qu’il soit américain ou européen, aux civilisations russe, chinoise, indienne … Et la volonté qu’a l’islam d’éradiquer « l’anomalie israélienne » lovée au cœur du monde islamique, provoque en retour un renforcement de l’emprise des influences sionistes sur le monde occidental. Le sionisme a besoin d’orienter les politiques étrangères occidentales, américaine bien sur, mais aussi européennes, parce qu’il se doit s’assurer de ne jamais se trouver seul face au monde islamique, essentiellement le monde arabe, mais augmenté peut être demain de l’Iran, du Pakistan, ou même de la Turquie si elle venait, par un revirement spectaculaire, à abandonner la politique pro-israélienne des kémalistes. A coté de ces deux combats d’échelle mondiale, il existe de vieux bras de fer régionaux entre des civilisations voisines mais antagoniques : l’Inde ou le Japon face à la Chine, l’Amérique latine qui refuse la domination nord-américaine … Bien evidemment, les combats de dimension globale interagissent avec ceux de dimension régionale. […]

Aymeric Chauprade

La Nouvelle Revue d’Histoire, numéro 41 MARS-AVRIL

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