Henri Béraud

Henri Béraud

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Parmi les célébrités lyonnaises d’antan qui mettaient leur peau au bout de leurs idées, Henri Béraud appartient incontestablement à cette catégorie de gouailleurs et de vaillants pour qui la peur de la mise à l’écart et de l’ostracisme importait peu !

ghj2Né en 1885, son enfance se passe dans les traboules. Fils de boulanger (la Gerbe d’or) il écume des lycées lyonnais forts réputés durant son adolescence afin de s’offrir une vie quelque peu chaotique les années suivantes. Aventurier, Paris, esprit artistique et instabilité peuvent résumer la jeunesse et le début de la vie de jeune adulte du futur romancier lyonnais. De la même veine qu’un Léon Daudet, injustement accusé de maux plus farfelus que mensongers, Béraud se distingue par des écrits subversifs et pour le moins retentissants, bousculant le politiquement correct de son époque. Un lien peut-être dû à ses origines paysannes qui nourrissent une pensée décomplexée. Il débuta sa carrière d’écrivain et de journaliste en revendiquant son appartenance au camp d’en face, veuillez comprendre celle qui conduit à l’impasse, extrême gauche-anarchiste, avant d’opérer un changement de grille d’analyse radical. Il se rallie ainsi ponctuellement puis plus régulièrement à certaines campagnes menées par l’Action Française (le passé militaire de Salengro).

Polémiste de grand talent,
maniant le verbe avec virtuosité, cultivant un style pour le moins corrosif et frappant juste, ce natif de Lyon est à l’origine de nombreuses publications dont le célèbre Vitriol de lune, couronné par le Goncourt en 1922, suivi aussitôt d’une deuxième consécration littéraire. Sa carrière de romancier s’enrichît de nombreux écrits, fruit d’un parcours où, tour à tour, il participe à la vie littéraire locale et nationale (Le Crapouillot et le Canard Enchainé) comme éditorialiste ou acteur de revue au premier rang desquelles l’illustre Gringoire. Ami de Kessel, Pagnol, Dorgelès, reporter aux quatre coins du monde, personnage hors norme, il n’hésite pas à tirer à boulet rouges sur une bourgeoisie lyonnaise déclassée et décadente égratignant au passage Edouard Herriot. Avec sa bande de copains, il crée le prix Albert Londres afin d’honorer la mémoire du journaliste décédé en 1932. Inlassable observateur de la IIIe République, il ne cesse de mettre en garde la population contre les dérives d’un régime corrompu.

sdfqMais Béraud n’est pas un salonnard planqué, puisqu’il s’engage Lors de la grande guerre sur le front comme lieutenant d’artillerie.
A l’image de ses frères d’infortune que sont Céline ou Brasillach, Henri Béraud connut néanmoins les affres des injustices politiques que seul le destin réserve aux plus courageux et à ceux qui osent sonner le tocsin lorsque la situation l’exige. Embastillé et sacrifié sur l’autel de la bienpensance pour de sulfureux éditoriaux parus dans Gringoire (notamment celui consacré à l’affaire Stavisky, aux Front Populaire et à Léon Blum), il recouvre sa liberté grâce à un geste du général de Gaulle. Mais son incarcération est également liée au récit Ce que j’ai vu à Moscou consacré à l’URSS et publié en 1925, où il décrit les horreurs insoutenables d’un totalitarisme bolchévique létale dont est victime le peuple russe. Henri Béraud, illustre lyonnais, héraut d’une tradition de résistants à la pensée unique, s’éteint en 1958 dans le plus complet anonymat.

A nous lyonnais de faire revivre l’œuvre mais surtout de ressusciter la mémoire de ce personnage hors du commun qui mérite au-delà du respect une reconnaissance absolue de la part de nos contemporains ! A l’heure où se perdent les traditions et la culture de notre identité, faire revivre le mythe Béraud par une relecture de son œuvre magistrale devient une absolue nécessité. Les personnes qui souhaitent approfondir le sujet peuvent s’en remettre à deux ouvrages qui font autorité: Henri Béraud de Jean Butin aux éditions Lyonnaises ainsi qu’une autre biographie rédigée par les soins de Francis Bergeron aux éditions Pardès.

«On juge entièrement un homme sur sa façon de braver la mort.»

«Le journalisme est un métier où l’on passe la moitié de sa vie à parler de ce qu’on connaît pas et l’autre moitié à taire ce que l’on sait.»

«La vérité, que personne n’avoue, c’est qu’une fois les illusions enfuies, on passe sa vie à souffler sur le miroir aux regrets. Mais toujours la buée s’efface.»

«Les soucis d’aujourd’hui sont les plaisanteries de demain. Rions-en donc tout de suite.»

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