Traboulez!

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On pense que les premières traboules ont été construites au IVème siècle (à la veille de l’effondrement de l’empire romain d’Occident), lorsque les habitants de Lugdunum manquant d’eau (car les aqueducs ne fonctionnaient plus) sont descendus s’installer au bord de la Saône au pied de la colline de Fourvière. Les traboules servaient alors à rejoindre rapidement la Saône.

traboule_hdr_-_tone_mapped_20Plus tard, lorsque des puits d’eau potable furent creusés dans les cours intérieures, l’accès à la rivière devint accessoire. Mais, le puits commun, lieu de rencontre privilégié a selon René Dejean « contribué grandement à conférer leur importance aux premières traboules ».

À la Croix-Rousse, les traboules sont plus récentes puisque issues de la construction des immeubles des ouvriers de la soie (les canuts). Ces chemins permettaient (et permettent toujours) aux ouvriers et artisans de transporter les draps et autres pièces de textile (principalement de la soie) à travers la ville en restant à l’abri en cas de précipitations. Ils permettent également, depuis les « pentes », de gagner rapidement la Presqu’île en ligne droite, via des raccourcis.
En 1862 l’ouverture de la Ficelle, premier funiculaire du monde, a permis de monter sans effort les pentes. Mais à la Croix Rousse, si on monte avec la Ficelle, on descend par les traboules.

Dans son ouvrage « Traboules de Lyon », René Dejean a répertorié 315 traboules dans le Vieux Lyon, à la Croix-Rousse et dans la Presqu’île. On peut penser qu’il en existe près de 400 dans Lyon. Malheureusement, un bon nombre d’entre elles est aujourd’hui inaccessible au public car fermées voire définitivement condamnées.

cbAmable Audin, historien archéologue, décompose le mot traboule en « trans-ambulare » qui signifie littéralement « passer à travers » d’où le verbe trabouler et le nom qui en découle, « traboule ». Par ailleurs, pour René Dejean, ce nom « évoque un trajet raccourci et une idée de débrouillardise dans la connaissance des lieux.
On peut donc s’entendre pour définir la traboule comme une voie réservée aux piétons, souvent étroite, débutant par un couloir d’entrée et traversant un ou plusieurs bâtiments (et/ou une ou plusieurs cours) pour relier une rue à une autre ».

Ces chemins de traverse sont l’outil idéal pour se déplacer dans la ville à l’abri des autorités, souvent ignorantes de leur configuration exacte. Elles ont servi d’abri et de chemin pour les mouvements populaires, par exemple pour les canuts, ou pendant la résistance.

On chuchote même qu’un vrai lyonnais, est un lyonnais qui sait trabouler. Alors n’hésitez plus dorénavant à chercher et découvrir ces symboles de l’identité lyonnaise. Osez-donc pousser les portes des traboules qui, peut-être, vous dévoileront les secrets de ceux qui les ont empruntés tout au long des siècles.

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