Alexandre Soljenitsyne: Le déclin du courage.

Alexandre Soljenitsyne: Le déclin du courage.

Facebook0Twitter0Google+0Emailtumblr

Dans le discours de Harvard en 1978, Alexandre Soljénitsyne, prédit les dangers qui guettent le monde occidental, et que nous pouvons constater au quotidien trente ans plus tard. Soljénitsyne explique dans ce paragraphe, l’origine de la destruction de la spiritualité occidentale. Ce manque de spiritualité est incontestable aujourd’hui dans notre société, où l’homme s’est agenouillé devant le matérialisme, le rationalisme, et l’humanisme. Ce vide spirituel qui correspond au déclin des peuples occidentaux, est la principale caractéristique de la décadence Pour s’en sortir, il nous faut raviver la mémoire des siècles passés, cultiver l’espérance, et sortir de notre coma matérialiste.
Ce discours interpelle, puisqu’il est prononcé par un adversaire de l’URSS, en fuite dans un pays occidental. Bien que fuyant la dictature soviétique, ce brillant penseur a su détecter (grâce à son regard extérieur) les dangers d’un humanisme abusif.

Extrait: « Comment en est-on arrivé à la confrontation actuelle, si désavantageuse ?

Dans sa marche triomphale, comment le monde occidental est-il tombé dans un pareil état d’impuissance ? Son évolution a-t-elle connu des tournants funestes, des pertes de cap ? Il semble bien que non. L’occident n’a fait que progresser et encore progresser, la main dans la main avec le brillant Progrès technique. Et le voici qui se retrouve dans son actuel état de faiblesse.

Alors il ne reste plus qu’à chercher l’erreur à la racine même. A la base de la pensée des Temps Nouveaux. Je veux dire : la conception du monde qui domine en Occident, née lors de la Renaissance, coulée dans le moule politique à partir de l’ère des Lumières, fondement de toutes les sciences de l’Etat et de la société : on pourrait l’appeler « humanisme rationaliste » ou bien « autonomie humaniste », qui proclame et réalise l’autonomie humaine par rapport à toutes forces placées au dessus de lui. Ou bien encore –et autrement- « anthropocentrisme » : l’idée de l’homme comme centre de ce qui existe.

En soi, évidement, le tournant de la Renaissance était inéluctable ; le Moyen Age avait épuisé ses possibilités, l’écrasement despotique de la nature physique de l’homme au profit de sa nature spirituelle y était devenu insupportable. Mais, du coup, nous avons bondit de l’Esprit vers la Matière, de façon disproportionnée et sans mesure. La conscience humaniste se proclama notre guide, dénia à l’homme l’existence du mal à l’intérieur et ne lui reconnut pas de tâche plus haute que l’acquisition du bonheur terrestre, et elle plaça à la base de la civilisation occidentale moderne une tendance dangereuse à se prosterner devant l’homme et devant ses besoins matériels, toutes les autres particularités, tous les autres besoins de l’homme, plus délicats et plus élevés, restèrent hors de l’attention des constructions étatiques et des systèmes sociaux, comme si l’homme n’avait pas de sens plus élevé à donner à la vie. »

Facebook0Twitter0Google+0Emailtumblr