L’école lyonnaise

L’école lyonnaise

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Dans l’histoire de toutes les civilisations, la littérature a joué un rôle primordial. Ainsi, d’Homer à Balzac en passant par Bernard de Ventadour, les œuvres littéraires ont toujours retranscrit la réalité, les préoccupations et les influences d’une époque.

SCEVEL’histoire littéraire lyonnaise n’est pas en reste, en particulier au XVIème siècle. A cette date, Lyon connaît une véritable ébullition culturelle, ébullition qui lui est propre. Celle-ci résulte d’une corrélation entre plusieurs caractéristiques. D’abord, Lyon bénéficie d’un site d’imprimerie qu’on considère comme l’un des plus grands d’Europe. C’est pourquoi des auteurs comme Rabelais viendront publier leurs œuvres entre Rhône et Saône –c’est le cas de Pantagruel. De la même façon, les auteurs de l’époque jouissent d’une certaine indépendance consécutive à l’absence de tout prince. Enfin, Lyon profite de sa situation géographique. Lyon est alors un passage obligé entre l’Italie et Paris. L’Italie, amorçant sa « Renaissance » un siècle avant la France, inspira beaucoup les lyonnais. Il suffit d’observer l’architecture du vieux Lyon pour s’en rendre compte …

L’Ecole Lyonnaise

C’est dans ce contexte que va naître ce qu’on appelle aujourd’hui l’ « Ecole Lyonnaise ». Ce groupe de poètes voit le jour dans la première moitié du XVIème siècle et sera omniprésent dans le champ culturel entre 1540 et 1560. D’influence pétrarquiste –Canzoniere de Pétrarque daté du début du XIVème- et platoniste, l’Ecole Lyonnaise se constitue autour d’auteurs lyonnais comme Maurice Scève, Louise Labbé (surnommé « La belle Cordelière ») ou bien encore Pernette du Guillet (ci-dessous).

pernette-de-guillet-01L’expression d’ « Ecole Lyonnaise » doit tout de même être nuancée. Ainsi, contrairement à la Pléiade qui se formera plus tard, aucune revendication d’Ecole à proprement parler n’a jamais été exprimée par les lyonnais. D’ailleurs, aucun manifeste n’a jamais été rédigé. Il ne s’agit donc pas d’une Ecole. Il s’agirait de ce fait plus d’un groupe plus qu’un mouvement revendiqué. Effectivement, il est certain que les lyonnais se fréquentaient et échangeaient leurs idées, leurs inspirations. Il semblerait alors qu’il s’agisse plus d’un groupe littéraire que d’un mouvement, n’ayant a priori pas la prétention d’imposer leur vision poétique aux autres, contrairement à la Pléiade de Du Bellay et Ronsard.

Maurice Scève

Scève est aujourd’hui encore considéré comme le chef de file des Lyonnais. Ses œuvres sont autant d’objet d’art par le texte que par ses dessins. En effet, il publia des vignettes (une étant représentée sur l’image de l’article) avec ses poèmes, vignettes en rapport avec les thèmes qu’il aborda.

Dans Délie, objet de plus haute vertu comme dans la majorité de ses poèmes, Scève exprime ses sentiments amoureux pour affirmer la puissance de ceux-ci.

Plus tost seront Rhosne et Saone desjointz,

Que d’avec toy mon cœur se desassemble

Plus tost seront l’un, et l’autre Mont joinctz,

Qu’avecques nous aulcun discord s’assemble :

Plus tost verrons et toy et moy ensemble

Le Rhosne aller contremont lentement,

Saone monter tresviolentement,

Que ce mien feu, tant soit peu, diminue,

Ny que ma foy descroisse aulcunement.

Car ferme amour sans eulx est plus que nue.

Dizain 17 de Délie, objet de plus haute vertu, Maurice Scève, 1544

Dans ce poème, Scève tente de montrer à quel point la décroissance de ses sentiments est une chose impossible. Ainsi, ce « feu » d’amour ne diminuera que le jour où les collines de Fourvière et de la Croix Rousse se joindront (vers 1), où le Rhône remontera sa source (vers 6) et que le débit de la Saône augmentera de façon impressionnante (vers 7). Se référant aux caractéristiques de sa ville, Scève toucha plus particulièrement les gones et les fenottes de son époque.

Bien que, de manière générale, peu de références sont faites à cette « Ecole » poétique Lyonnaise, son influence reste indiscutable et aura un poids certain dans l’inspiration poétique de la Pléiade, celle-ci même qui marquera de manière considérable la poésie des siècles suivants.

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