« Nous ne sommes plus en démocratie »

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dernière minute : Le Tribunal Administratif casse l’arrêté d’interdiction de la manifestation

La manifestation pour un « 1er Mai social et identitaire », à l’appel de Jeune Bretagne, -et auquel doit se rendre les jeunes identitaires lyonnais- aura-t-elle lieu ? Jeudi, le maire de Landivisiau a interdit ce défilé. Yann Vallerie, le président de Jeune Bretagne, a déposé un recours. Il cherche aussi des solutions de repli. Elles lui sont toutes refusées. Et l’Etat s’en mêle.

Novopress : Yann Vallerie, pourquoi le maire de Landivisiau a-t-il interdit cette manifestation ?

Yann Vallerie : Nous avons appris l’interdiction mercredi. Elle m’a signifiée au téléphone par le maire de Landivisiau, puis par arrété municipal. Au passage, le maire a menti puisqu’il m’a laissé entendre qu’une contre-manifestation était déposée, ce qui n’est pas le cas : l’arrêté municipal stipule que c’est uniquement un affichage sauvage appelant à nous faire barrage qui a motivé son action. Nous avons immédiatement saisi le tribunal administratif en référé liberté, afin de faire casser l’arrété municipal scandaleux.
Le maire a de plus déformé mes propos pour justifier son interdiction puisque qu’il a déclaré que j’avais évoqué une menace terroriste visant la manifestation, alors que j’ai simplement dit que les militants d’extrême gauche faisant pression et organisant la contre-manifestation utilisaient des méthodes de « terrorisme de la pensée ».

Que va-t-il se passer désormais ?

Nous attendons le jugement du tribunal administratif dans les plus brefs délais. Mais cerise sur le gâteau, hier soir à 19h30, le sous-préfet du Finistère m’a contacté pour me signifier qu’un nouvel arrété municipal (concernant Morlaix cette fois-ci) allait être pris concernant une demande que nous avions faite pour nous replier le cas échéant. Ayant évoqué avec lui le tribunal administratif, le sous-préfet m’a indiqué qu’en cas de jugement favorable, il demanderait au préfet de prendre un arrété préfectoral interdisant la manifestation de Landivisiau ! Ce à quoi nous répondrions immédiatement par un nouveau recours devant le tribunal administratif…

Vous avez une solution de repli ?

Je viens de recevoir à l’instant un appel de la mairie de Lamballe, dans les Côtes d’Armor, qui nous signale que le maire prend immédiatement un arrété municipal interdisant un rassemblement dans sa commune, suite là aussi à une demande de repli que nous avions effectuée hier. C’est une véritable persécution, c’est une atteinte à un droit constitutionnel.
Ainsi aujourd’hui, sur simple pression d’associations groupusculaires, sur simples menaces, une manifestation et une association légales peuvent se voir interdire le droit de manifester. Cela pourrait faire juriprudence, car il suffirait maintenant de simples menaces pour qu’un maire ou un préfet interdise une manifestation. Ils sont pourtant chargés de la sécurité des personnes, et se doivent de tout mettre en œuvre pour que les manifestants, arguant de leur droit constitutionnel, puissent effectuer leurs marches dans des conditions de sécurité optimales.

Comment expliquez-vous un tel acharnement ?

Je pense que nous sommes les victimes, d’une part de mouvances prétendument « libertaires » mais qui n’hésitent pas à s’appuyer sur l’Etat pour parvenir à leurs fins (doit-on également rappeler qu’ils bénéficient souvent de locaux subventionnés par le collectivités locales, ce qui, vous en conviendrez, n’est pas très « autogestionnaire »), d’autre part de pseudo-indépendantistes bretons (Breizhistance) qui collaborent allègrement avec les services de l’Etat français, notamment pour réclamer les interdictions de tel ou tel événement qui ne rentre pas dans leur ligne idéologique.
Enfin, nous faisons face à un système jacobin, qui est sans pitié face à toute association ou parti qui sortirait du « pacte républicain ». On a empêché pendant longtemps les Bretons de parler leur langue, on les a obligés (et on les oblige toujours) à s’expatrier pour trouver des emplois décents, et désormais, on veut les empêcher de pouvoir exprimer leur revendication Identitaire.

Que ferez-vous demain, samedi 1er mai ?

Nous attendons la décision du tribunal administratif de Rennes qui tranchera sur l’arrété municipal. S’il est annulé, nous irions bien entendu manifester demain à 13h30 à Landivisiau. S’il ne l’est pas, nous verrons. Nous avions envisagé de nous replier sur Saint-Pol-de-Léon. Je viens là aussi de recevoir un appel de la mairie m’informant que nous étions hors délais pour déposer une manifestation (ce qui est vrai), et qu’ils prendraient de toute façon un arrété municipal interdisant la tenue d’un rassemblement.
Bref, nous ne sommes plus en démocratie, mais cela, nous le savons depuis déjà très longtemps.

Novopress France

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