
Je m’appelle Bertrand*, je vais avoir 48 ans dans quelques jours et si l’on regarde de plus près mon parcours dès l’âge de 15 ans, je suis un heureux rescapé car en bonne santé. J’ai grandi chez mes grand-parents, tous deux ouvriers qui ont fait de nombreux sacrifices pour que j’aie la meilleure éducation possible.
J’ai passé six ans dans un collège catholique où j’ai reçu une bonne éducation ; mais en milieu d’année de mon redoublement de la classe de troisième j’ai fait de nouvelles rencontres. Nouveaux amis avec lesquels j’ai fumé mes premiers joints ; tout s’est alors enchaîné. D’abord j’ai arrêté d’aller en cours pour passer plus de temps avec mes potes, et bien sûr fumer du shit. Cette vie a duré quasiment un an pendant lequel mes grand-parents ont tout fait pour me remettre sur le droit chemin, mais sans résultat.
Et voilà comment du hash nous étions passés aux shoots de poudre
Puis un soir, pendant une fumette un gars est arrivé avec de la morphine base en nous disant que c’était très bon et que d’essayer ne nous ferait pas plus de mal que ça. En effet une seule fois ne fait pas de mal mais encore faut-il ne pas recommencer ; ce qui ne fût pas mon cas ni celui de mes amis d’ailleurs.
Et voilà comment du hash nous étions passés aux shoots de poudre agrémentés de quelques cuites. Quelques mois plus tard je finissais par goûter le LSD, une drogue hallucinogène très dure pour le cerveau. Mais je me rends compte aujourd’hui que heureusement ça n’a duré que très peu de temps. En effet, chaque prise bouffant énormément de neurones je n’en serais pas ressorti aussi bien.
Évidemment vous voyez d’ici la loque que je devais être ; et bien non car une nouvelle fois la chance me venait en aide si je puis dire. A part le hash que je fumais tous les jours, la poudre très chère m’obligeait à faire des breaks après les prises journalières que j’avais pu me payer. Cela pouvait pourtant durer jusqu’à trois semaines de prise. Je n’amplifiais donc pas malgré moi mon niveau de dépendance. De plus, bien que je ne l’écoutais pas vraiment, ma famille m’apportait un soutien psychologique.
Bien sûr je n’avais pas mis toutes les chances de mon côté pour mon avenir. Quand on se drogue la vie défile, passe si vite, trop vite pour anticiper et voir plus loin. Et le pire, c’est qu’on ne s’en rend pas compte, la vie étant vue dans l’immédiat, dans l’achat d’une nouvelle dose.
A mes 25 ans la vie m’a donné l’occasion de me reprendre. J’ai trouvé un travail qui me plaisait, ce n’était bien sûr que le début. J’ai manqué quand même pas mal de fois le travail car mes démons me collaient à la peau (moins de poudre compensée par plus de shit et d’alcool). Ceci jusqu’à l’âge de 33 ans où j’ai pris mes dernières doses de poudre. Une fois encore car je n’étais pécuniairement pas en mesure de me les fournir. Je dois dire que cela s’est fait sans relativement trop de problèmes ; relativement donc car on ne peut pas dire que c’est facile. Je dirais tout simplement que j’ai réussi à arrêter. Par contre je me suis rabattu sur la boisson et la fumette pour compenser. Plusieurs bonnes cuites par semaine. De plus ces cuites me rendant agressif et bagarreur, j’ai par la même occasion pu » visiter » un bon nombre des commissariats lyonnais.
“Comme pour l’alcool, du jour au lendemain fini.”
La vie passait, et à 35 ans je commençais à me poser des questions sur l’avenir, car depuis le début de celle-ci j’avais déjà vu disparaître des connaissances mortes par overdose mais aussi à cause du sida. Je voyais également les ravages de l’alcool en observant mes voisins de comptoir. La visite chez mon toubib a été une étincelle. Il m’expliqua clairement que vu mon état de santé qui se dégradait je n’avais qu’un choix qui était celui d’arrêter si je voulais un jour connaître et profiter de ma retraite.
Du jour au lendemain j’ai réussi à stopper l’alcool. C’était un nouveau pas après la poudre. Neuf ans durant, j’ai encore fumé une dizaine de joints par jour ; une petite fortune. J’étais toujours et encore dans le cirage en définitif malgré le mieux comparé à il y a quelques années.
Il y a quatre ans, je me suis retrouvé au chômage, une première. A ce moment là, j’avais 44 ans, je ne sais par quel déclic je décide du jour au lendemain de me prendre en main, d’arrêter le hash, et de me prouver que je pouvais retrouver du travail.
Comme pour l’alcool, du jour au lendemain fini.
Les trois premières semaines furent extrêmement difficiles, surtout psychologiquement (sommeil agité nerfs à fleur de peau etc.). Puis petit à petit tout cela s’est calmé et j’ai redécouvert ce qu’était finalement la VRAIE vie, celle sans ces produits qui ne donnent que l’illusion du bien-être en rompant avec toute réalité ; et qui vous enferment dans une prison dans laquelle volonté et force de caractère sont les seules solutions pour s’en sortir.
Il y a maintenant douze ans que je suis abstinent d’alcool mais surtout quatre ans que je ne prends plus aucune sorte de drogue, et j’ai maintenant l’impression de renaître même si j’en garde quelques séquelles sans grande gravité au niveau de la mémoire et du fait que je ne trouve pas toujours mes mots de suite.
Enfin voilà ce que je peux vous dire sur ce qu’est la drogue mais aussi l’alcool que je considère comme une drogue dure ; et j’espère que ce récit encouragera les jeunes gens qui le liront et qu’ils auront le cran de refuser ce genre de produit si un jour ils y sont confrontés. Sachez qu’il vaut mieux passer pour « le blaireau » aux yeux de ceux qui vous proposent et vous tendent ce genre de pièges. Il suffit parfois d’un simple NON pour ne pas gâcher sa vie.
Encore faut-il le dire le moment venu.
*Bertrand est militant à Rebeyne! depuis novembre 2009.










































Il reste malheureusement encore trop de dealers.
Témoignage tout à fait éloquent qui ne manque pas de faire réfléchir au temps que l’on peut perdre à cause de ces merdes… en tout cas félicitation à toi et à tout ceux qui ont réussi à s’en sortir à force de volonté…
Superbe récit rempli de vérités qui je l’espère feront réfléchir certains jeunes.
Choisis ta ligne !
Com on REBEYNE !
Une bonne dose de volonté pour ne pas devenir une épave…
Bravo.
Il y a beaucoup de complaisance avec la drogue depuis bien longtemps maintenant. Dans une vraie démocratie, les citoyens pourraient régler le problème, au lieu de confier à l’Etat le soin d’être impuissant.
La drogue est une arme de guerre contre les peuples.
T’est surement un mec bien, parce que tu as eu du courage, et tu ose parler …trop fort
continue
Ce témoignage montre qu’il n’est jamais trop tard pour bien faire et qu’avec un peu de volonté on peut redevenir maître de sa vie .
Bravo ! Et bonne continuation…
je hais les dealers !
Encore un faut récit amalgamant la drogue, la déchéance et tout ce qui s’ensuit….
C’est de la fausse bravoure, la drogue est un combat mental, se faire piéger là dedans c’est une question de faiblesse et accuser le reubeu qui vend sa barrette ne changera pas les choses.
C’est ça votre problème à vous les fachos : aucun discernement dans le choix de vos cibles…
Ce témoignage est peut etre poignant, Mais avez vous vécu ou cottoyé des drogués, des vrais, ceux qui ont des crises de manques quand ils arrettent leurs shoot pendant deux ou trois jours ? Ce qui n’arrivent pas a arretter comme ça la poudre parce que ce n’est pas possible sans traitement quand on s’est mis des taquets chaque jour…
Donc c’est bien beau de faire un témoignage mais certaines choses sont un peu abusé.Le fait que Bertrand* ai pu arreter comme ça la poudre ,faire des “breaks, alors qu’il prenait tous les jours, c’est impossible…
Puis c’est pas parce qu’on ne se drogue pas qu’on est pas un gros con…la preuve y’en a qui militent a rebeyne.
Ben voyons, le kon ci-dessus, moi je ne suis pas tombée dans la drogue dure ni douce, parce que mon père m’avait lui parlé de ses dépendances et m’avait mise en garde. Il n’empêche, qu’à chaque fois que j’ai eu l’occasion d’être en contact avec les drogues, devine quoi: chaque fois des cpf!
Heureusement que mon père m’a transmise une conscience ethnique, en bon pied noir qu’il était , il m’avait prévenue que les peuples du désert, peu enclins à l’effort, aimaient “l’argent facile” et toutes sortes de commerce. Cela a suffi effectivement à me donner suffisamment d’estime d e moi-même pour dire non aux racailles.
Je précise que mon père était un fumeur de Lucky Strike sans filtres (dans l’armée, il faisait partie du kit de survie). Mais pour s’en sortir, lui qui fumait nuit et jour, il a fallu un cancer de la gorge.
Si c’est vrai, pourquoi perds-tu ton temps sur un site de cons?
@ Jean Baptiste
Tu m’as l’air bien au courrant des dommages que fait la drogue sur les gens .
Mais peut être est tu un drogué qui ne peut plus s’en passer et là je te plains ou alors est tu un de ces dealers qui savent les ravages que fait cette merde aux personnes qui en prennent et là c’est pas beau.
Mais je suis certain qu’avec de la volonté il est possible de s’arrêter bien sur avant d’en arriver d’être à l’état de loques qui n’a plus aucun sens de la réalité et qui n’a plus ancune emprise sur sa volonté.
Mais bon je dois être un de ces cons qui soutiennent Rebeyne.
à gones 69
Je ne suis ni un drogué ( je ne prends ni alcool, ni drogues dures, je ne fume même pas…) ni un dealer, je ne finance pas la mort des autres.
J’ai juste cottoyé des personnes ayant pas mal pris de drogues et je peux te dire, et pas que moi te le dira, la volonté ne suffit pas pour arretter la drogue dure lorsqu’on en est a prendre des doses journalières.Il y a des programmes mis en place qui s’appellent cures ou même l’ex drogué se doit de prendre un traitement pour combler le manque, en reduisant la dose au fur et a mesure afin d’arretter completement.
soit ce temoignage manque de precision soit c’est une invention pour critiquer les drogues.Mais, je pense que ci c’est le cas une autre maniere de critique peut etre faite.
Avant de donner des leçons commence par respecter un peu tes interlocuteurs, en évitant de les traiter de con.