La Croix-Rousse

La Croix-Rousse

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Comment parler de la Croix-Rousse sans tomber dans le poncif: le gone, la fenotte, les petits bistrots, les canuts… La Croix-Rousse est un des quartiers lyonnais les plus anciens, profondément marqué par son histoire et son passé industriel de la soie. Même s’il a perdu de son authenticité depuis qu’il est devenu un village pour bobos, les traces de l’identité lyonnaise n’ont pas toutes disparu.

Au Moyen-Age, les pentes de la Croix-Rousse étaient couvertes decroixrousse vignes. Le quartier commence à se développer au XVIe siècle avec la construction du rempart Saint-Sébastien, ordonné par Louis XII. Les pentes deviennent alors partie intégrantes de Lyon contrairement au plateau qui restera une partie de Cuire et fait donc toujours partie du Franc-Lyonnais. A cette époque de nombreuses congrégations religieuses (Chartreux, Carmélites..) s’installent. Avant de devenir la « colline qui travaille », la Croix Rousse était « la colline qui prie ». Au même moment une croix en pierre de couzon, sera érigée au sommet des pentes et sa couleur ocre donnera son nom au nouveau faubourg isolé par les fortifications: La Croix Rousse. La montée de la Grande Côte s’urbanise alors.

A la Révolution, la vente des biens ecclésiastiques contribue à l’essor économique de la colline qui devient le cœur de la Fabrique. De la présence historique des Canuts, il reste une architecture propre aux nombreux immeubles qui les abritaient, dont les plafonds et les fenêtres correspondaient à la dimension des métiers à tisser. De ces immeubles s’échappe le bruit du « bistanclaque », des milliers de métiers à bras.

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Dès 1831, la forte concentration des canuts fait de la Croix-Rousse un foyer révolutionnaire. Ils sont à l’origine de nombreuses révoltes. Les traboules sont encore les témoins des échanges entre le Plateau, lieu de production, et les Terreaux, quartier des négociants de la soie. L’implantation du commerce en gros du vêtement dans le secteur du bas des pentes faisait de ce quartier une sorte de « sentier » lyonnais. En 1852, la Croix Rousse sera rattachée à Lyon, de nombreux travaux auront lieu, notamment la création de « la ficelle » ,premier funiculaire du monde, il permettra un accès plus rapide au centre de Lyon.

df2Au XXe siècle, la Fabrique décline. Les opérations d’urbanisme et de rénovation modifient la constitution sociologique du quartier. Les remparts seront détruit facilitant l’intégration de la Croix Rousse à la ville lyonnaise. Un tunnel sera lui aussi créé afin de permettre un accès plus aisé en voiture, et le village deviendra alors le 4eme arrondissement de Lyon.

On a coutume de diviser la Croix Rousse en deux quartiers:

- Les pentes qui partent de la place des Terreaux dfjusqu’au sommet dela colline. Outre ces « montées » et les artères classiques, on trouve de nombreuses traboules, différentes de celles du Vieux Lyon.

- Quartier résidentiel envahi par les bourgeois au XXème siècle, le Plateau conserve un certain charme avec ses bistrots son marché et son terrain de boule, les pentes créant une barrière naturelle avec le reste de Lyon.

La Croix-Rousse a donc été un quartier marqué par la culture ouvrière. Dans l’histoire, il a joué un rôle important sur le plan des innovations sociales, avec par exemple les premiers conseils prud’hommaux. La rapide boboïsation du quartier a complètement détruit cet esprit. La mondialisation s’est installée et aujourd’hui on n’y trouve surtout des « cafés du monde », des call center, des galeries d’art africain, ou des bureaux d’architectes.
L’identité lyonnaise est loin, La culture des Canuts n’est plus.
Mais les teintes orangées des couchers de soleil colorent toujours aussi bien les façades, et les grands escaliers n’ont pas perdu une marche.

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