Une Autre Jeunesse contre la tyrannie des gens raisonnables

Une Autre Jeunesse contre la tyrannie des gens raisonnables

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Contrairement à ce que le quidam moyen peut être tenté de croire, nous ne vivons pas sous le règne de la jeunesse triomphante et nos anciens ne sont pas sacrifiés par de jeunes arrogants aux dents longues sur l’autel de la « nouveauté ». Le « jeunisme », qui inonderait notre société de long en large et profanerait tout sur son passage, n’est qu’une vue de l’esprit. Notre époque est profondément conservatrice et poussiéreuse, empêtrée dans sa morale libérale-libertaire débilitante et castratrice, qui plonge l’homme moderne dans le narcissisme et le consumérisme comme thérapie aux angoisses générées par la société industrielle, l’éloignant toujours plus des vertus ordinaires (solidarité familiale, communautaire, de quartier, de palier, etc.) et du combat politique. La société techno-industrielle qui nous entoure et tellement bruyante et agressive (par les sons, les images, la publicité, les programmes télévisuels abrutissants, etc.) qu’elle pousse immanquablement chacun d’entre nous à se retrancher derrière les barricades de son « univers intérieur ». La société techno-industrielle interdit la vie en société.

La pacification des mœurs, rendue possible par l’étouffement consumériste de nos pulsions héroïques et chevaleresques, est la preuve par l’exemple que nous vivons une époque fort peu révolutionnaire. Nos sociétés occidentales sont gouvernées par un système politique et économique profondément matriarcal. Celui-ci génère une multitude d’angoisses qu’il prétend par ailleurs apaiser via des gadgets inutiles vendus dans les goulags climatisés qu’on appelle « centres commerciaux ». « Sécurité », « bien-être », « relaxation », « zen attitude », « coaching » : autant de mots d’ordres conservateurs et anesthésiants. Qu’y a-t-il de jeune et de révolutionnaire dans cette société du risque zéro ?

Qu’y a-t-il de jeune et de révolutionnaire dans cette société d’esprits grabataires tétanisés par la prise de risque et l’audace politique ? Qu’y a-t-il de jeune et de révolutionnaire dans une société qui se complait à tisser des cordons sanitaires autour des dissidents « d’extrême-droite » par volonté de « normalisation » du débat politique ? D’ailleurs, qu’y a-t-il de jeune et de révolutionnaire derrière ce besoin maladif de scotcher des étiquettes réductrices, comme « populisme », sur les avant-gardes politiques européennes des années 2000 ? C’est l’esprit stérilisateur de la vieillesse combiné à la tiédeur féminine et non l’enthousiasme de la jeunesse qui règne sur ce monde. Qu’y a-t-il de jeune et de révolutionnaire dans l’athéisme qu’on fait profession de revendiquer comme un certificat de rébellion ? Il est tellement plus risqué, contrairement aux préjugés sur les « bigots », de s’en remettre à la Providence, à Dieu ou au cosmos. L’acceptation d’une puissance qui nous dépasse n’est pas un choix confortable : il l’est beaucoup moins que le rejet rationaliste de Dieu qui témoigne d’une anxiété profonde quant à l’idée que les déterminismes et le hasard peuvent l’emporter sur le libre-arbitre. Ce rejet est un choix de confort car il témoigne d’un besoin angoissant de tout contrôler, de se mettre à l’abri des caprices d’un Être suprême que l’homme moderne perçoit comme lunatique et dangereux. Qu’y a-t-il de jeune et de révolutionnaire dans cette obsession hygiéniste chez nos gouvernants successifs à traquer le fumeur, le bon vivant, le pistachier (comme on dit dans le Midi) ? Bref, le Français. Au Français de noble race qui défie l’Eternel, le Nouvel Ordre Moral veut nous imposer le métrosexuel californien et locavore par écologisme petit-bourgeois plutôt que par véritable amour des siens, cherchant par tous les moyens à vivre le plus longtemps possible et en bonne santé… Quel ennui !

L’homme moderne est terrifié par l’imprévu. Tolérance zéro pour le risque, pour l’audace, pour le courage. Obsession politique pour le « Plan ». Besoin pathologique d’optimiser la moindre minute de son temps. Retarder le plus possible son horloge biologique. Peur compulsive de ne pas avoir le temps de « tout vivre/tout essayer ». Ne rien laisser au hasard. Terreur devant l’ennui (le psychiatre Patrick Lemoine a bien identifié ce mal dans S’ennuyer, quel bonheur ! sorti en 2007).

Qu’y a-t-il de jeune et de révolutionnaire dans la pratique de l’avortement comme moyen de contraception ? L’eugénisme sous caution humanitaire, qu’on appelle hypocritement « Interruption Volontaire de Grossesse », est la marque d’une volonté rageuse de ne pas laisser faire la nature ; et plus profondément encore : l’expression d’une peur devant le caractère sans appel des décisions de la nature. Qu’y a-t-il de jeune et de révolutionnaire dans une société occidentale qui laisse une grand-mère de 50 ans jouer les mères porteuses pour sa fille ? Qu’y a-t-il de jeune et de révolutionnaire dans l’attitude de ces pseudo-vedettes ringardes qui cherchent à retarder l’échéance de la mort et à s’agripper aux ruines de leur jeunesse à grands coups de bistouri rajeunissant ? Il n’est question que de « conserver » et de « garder » dans leur esprit. A l’inverse, nos anciens, qui acceptaient sereinement le vieillissement du corps et ses tracas, n’avaient pas peur de l’avenir. Ils lui faisaient face sans craindre ses effets. Ils ne subissaient pas l’avenir : ils le faisaient. Les radasses plastifiées qui colonisent nos écrans de télévision sont des mutants terrorisés par le futur, elles se réfugient dans un passé et une jeunesse idéalisée. Les mystificateurs professionnels qui nous gouvernent sont de la même espèce : ils nous reprochent de « jouer sur la peur des gens » alors que leur fond de commerce relève du répertoire antifasciste le plus paranoïaque et manipulateur. Ce sont eux les conspirationnistes compulsifs. Ces gens qui se croient jeunes sont profondément réactionnaires.

Peur de vieillir, peur du « racisme », peur intériorisée de la révolte des « souchiens », etc. La peur est la came de nos sociétés occidentales narcissiques et anxieuses. L’impératif de sécurité et de conservation répond tout logiquement à ces peurs accumulées. Dire la vérité est risqué. Faire un choix politique radical également. Peu importe la vérité. Seules comptent ses conséquences sociales. C’est en fonction de celles-ci que l’homme moderne se décidera ou non à lever le voile du mensonge.

Un article du site de la campagne Une Autre Jeunesse!

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