Damien Saez: On y croirait presque !

Damien Saez: On y croirait presque !

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Le dernier album de Saez, J’accuse, ne peut pas passer inaperçu pour les militants identitaires que nous sommes. Bien avant de se pencher sur le fond de l’album et de l’artiste, il paraît indéniable que Damien Saez soit un bon musicien. Rien à redire à ce sujet.

Certains titres de son nouvel album ont le mérite d’attirer notre attention. En effet, les chansons Pillule, et J’accuse, abordent le triste état de délabrement de notre société. Sujet qui ne peut nous laisser indifférents. Ces titres sont une critique assez franche du « monde moderne » (au sens péjoratif du terme) : consumérisme à outrance, consommation déraisonnée des médicaments due au stress, méfaits de la télévision, consommation de drogue, routine meurtrière, non sens des rapports amoureux et sexuels modernes, individualisme et isolation des citoyens, prise d’otage du citoyen lambda par les entités financières etc… Tout cela a du bon, du très bon même. Nous ne pouvons que nous réjouir qu’un chanteur qui bénéficie d’une aussi grande diffusion auprès du grand public fasse le même constat que nous. Nous espérons simplement que le message sera compris dans son intégralité par les nombreux fans que comptent le chanteur.

En revanche, nous ne pouvons être dupes, et nous sommes septiques quant au côté « rebelle » de l’artiste. Il est assez facile de faire une critique de la société moderne, et notamment de la société française, sans aborder certaines questions. Nous ne sommes pas rongés uniquement par l’individualisme, par l’avachissement créé par la télévision, ou par le consumérisme. Il semble difficile d’oublier certaines questions beaucoup plus sensibles, qui pourraient coûter à l’artiste un vrai pugilat politiquement correcte. Les zones de non droits dans certaines villes de France, où l’état français n’est plus représenté et où il ne peut pas assurer le respect de ses lois. L’insécurité criante passé minuit dans les centres ville des grandes villes françaises, les agressions à l’arme blanche (Martin Grenoble), les viols (Toulouse), ou le simple fait de se faire gifler pour refuser de donner un numéro de téléphone (ici). Il aurait même pu se payer le luxe de défendre la cause des animaux qui sont massacrés (un terme à la hauteur de la pratique) vivants dans les abattoirs halal de plus en plus nombreux visant à satisfaire une demande de moins en moins négligeable.. Ces facettes de la société sont purement et simplement oubliées par l’artiste, qui se prive d’un contenu non négligeable pour son album au titre pourtant sans concession : j’accuse.

Pourquoi un tel oubli ? C’est vrai que Saez se réclame ouvertement de gauche, et a soutenu madame Royal aux dernières élections présidentielles. Quand on se réclame de gauche, aujourd’hui en France, il y a des vérités que l’on ne peut plus dire, sous peine d’être la cible d’un déferlement de haine initié au nom de la Tolérance et du politiquement correcte. C’est pas grave, on se gardera de dire l’entière vérité, et on pourra rester du bon côté, sans ne rien risquer.

Ces oublis font passé Saez du statut de « l’artiste engagé », qui prend position dans ses chansons, n’hésite pas à critiquer et à montrer du doigt, à l’artiste démago, qui dit des choses qui seront approuvées par l’ensemble de la masse média, et qui ne froisseront personne. Critiquer les banques après une telle crise, rien de bien courageux. Critiquer la perte de sens des relations amoureuses et sexuelles, à l’heure des skins party et de la gay pride, rien de folichon. Montrer du doigt les méfaits de la télévision à l’heure de l’île de la tentation, là encore nous ne sommes pas dans l’acte de courage, où l’artiste n’hésite pas à prendre position, quitte à subir à postériori de lourdes critiques. Nous ne pouvons que rester sur notre faim à l’écoute de ce dernier opus. On a envie d’y croire, mais il manque encore un peu de courage, un peu de culot. On est un peu frustré, on se dit que Saez a compris le plus compliqué, le moins visible, le plus subtile, mais comment est-il possible qu’il passe à côté du plus évident ? Ce ne peut être que volontaire !

On ne va pas se plaindre, et on va attendre sagement la sortie d’un futur album pour découvrir si enfin, Saez deviendra un vrai artiste qui pourra se permettre d’accuser !

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