La diversité en Action (rediff)

La diversité en Action (rediff)

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A l’occasion du retour des fameux « trophées de la diversité » la semaine dernière à Lyon, nous re-publions un article de Mai 2009 sur le sujet.
En achetant Le Progrès de vendredi, les Lyonnais ont eut la divine surprise de découvrir un supplément spécial, réalisé à l’occasion de la remise des trophées de « la diversité en action », ce soir au Palais des Congrés de Lyon. Nous allons analyser ensemble l’idéologie et le fonctionnement de la promotion de la diversité au travers de ces quelques pages.

m1A la une, c’est le traditionnel patchwork des « visages du monde entier » qui nous est offert. Un visuel assez récurrent dans la communication de la diversité. On y voit le buste d’habitants « de la terre entière « , certains arborant des costumes traditionnels comme ce Marocain, cette jeune Africaine, ce petit pêcheur Biafrai, ou cet ouvrier asiatique. Visiblement aucun d’entre eux n’a mis le pied en France. La diversité de notre pays a un tout autre visage. Pourtant c’est avec ce visuel que Le Progrès illustre son supplément. C’est le début d’un décalage entre l’utopie bobo du melting-pot et la triste réalité du terrain.

En première page de ce supplément, on nous raconte tout d’abord la formidable histoire du club Averroès, parrainé par Harry Roselmack et David Pujadas. Pour ceux qui ne sont pas au courant, c’est l’un de ces clubs qui encourage la promotion de la diversité dans les médias. Oui car nous allons le voir, la diversité c’est tout plein de clubs super branchés. Celui du Progrès s’appelle le « Club Rhones-Alpes diversité ». Son objectif ? « Mettre en lumière des talents qui font vivre la diversité dans la vie de tous les jours, et qui créent des passerelles interculturelles, inter ethniques. Tout ce qui permet de contrer les formes de communautarismes. » Contrer les formes de communautarismes en agitant la diversité c’est le premier non-sens de cette lubie médiatique. Président de ce club, Ali Kismoune entend « renouer avec l’esprit des Lumières et l’esprit black blanc beur de 98″. On ne sait pas si ce sont les footeux ou les philosophes révolutionnaires qui seront les plus flattés mais le parallèle est lourd de sens. C’est la menace de la guillotine médiatique, pour ceux qui tenteront de douter ou de s’opposer à cette idéologie.

port451Après quelques mots de Yazid Sabeg (sans doute le futur ministre beur de Sarkozy), la parole est donnée à Faycal Douhane modestement désigné comme un expert de la diversité ! Oui car la diversité ce n’est pas que des clubs, ce sont aussi des experts ! Au même moment où vous commencez à vous demander comment l’on devient expert en la matière, M. Douhane vous apporte la réponse : « je suis membre de nombreux clubs de réflexion sur l’égalité républicaine et la lutte contre les discriminations : Averroés (décidément), Club 21ème siècle (celui de Mme Dati), club Jefferson… ». Mais ce n’est pas tout, notre homme est co-fondateur du comité d’action politique franco-québécois (tout un symbole) et a aussi fondé son petit club personnel « La France est en Nous ». Monsieur Douhane nous l’explique lui-même, il est beaucoup de rien en un peu de tout, ce qui lui permet d’être crédité du titre d’expert en diversité. En fait c’est surtout un type pas trop stupide et évidemment issu de l’immigration, qui a surfé sur la mode des clubs post-émeutes de 2005, a fondé le sien et a adhéré à celui de ses copains. S’attribuer des titres pompeux, fonder des clubs, s’auto-inviter entre élites, et répondre à des interviews prémâchées c’est ça agir pour la diversité ! Plus loin, quand on l’interroge sur la diversité en Rhône-Alpes, celui-ci nous citera quelques noms d’élus locaux aux consonances arabisantes, les qualifiant « d’élus de valeurs ».
Logique puisqu’ils sont issus de la diversité.

C’est ensuite Patrick Lozés, un autre habitué des cercles républicains, mais surtout le président auto proclamé du « Conseil représentatif des associations noires » qui a sa tribune. Ce dernier réclame la création « d’un ministère de la diversité », c’est-à-dire un nouveau machin républicain qui mettra en place une multitude de charte et de fonds publics en faveur des malheureuses communautés étrangères installées en France. Mais Patrick Lozés se pose aussi la question « les Noirs sont-ils des Français à part entière ? », titre de son dernier livre.
Apparemment cela ne tombait pas sous le coup de l’évidence.

port454Un numéro du Progrès sans Jean Jacques Queyranne, ça n’a pas dû arriver souvent. Ce supplément n’échappe pas à la règle, puisque le président de Région a lui aussi droit à deux articles. Il sera d’ailleurs le premier à nous parler du vivre ensemble, un terme générique qui ne veut rien dire mais qui apparemment plait beaucoup aux chantres de la diversité. Désormais aussi célèbre que creux, le vivre ensemble fait partie de ces mots qui font la novlangue. Mr Queyranne évoque ensuite un parrallèle avec la devise de l’UE « Unis dans la diversité ». On peut suggérer à Mr Queyranne que l’inventeur de cette devise pensait plutôt à la diversité européenne et non à la diversité mondiale en Europe. Une nuance très importante, puisque la première ne nous déplait nullement au contraire de la seconde. Toujours est-il que cette devise l’aurait inspiré dans la création de la charte régionale contre les discriminations. Oui la diversité ce n’est pas que des clubs, c’est aussi tous plein de chartes! Mais l’homme de la région est immédiatement soutenu par Guy Mathiolon de la CCI : « la diversité est une chance (pour notre territoire) ». Une « chance », une « richesse » la diversité ça parait tellement formidable, qu’ils passent leur temps à essayer de s’en convaincre.

C’est au tour de notre préfet de région, Jacques Gérault, qui nous explique que « l’état a le devoir de promouvoir la diversité ». Le devoir de promouvoir, oui c’est cela. « Promouvoir le mérite, en faisant abstraction de l’âge, du sexe, du quartier d’origine, de la couleur de peau et du handicap », poursuit-il. Un discours hypocrite et contradictoire, puisque tous les partenaires de la diversité en Rhône-Alpes ne proposent des initiatives qu’en faveur des « jeunes d’origine étrangères et issus des quartiers défavorisés ». Sous couvert de diversité on discrimine donc légalement les moins jeunes, d’origine française et qui n’habitent pas en banlieue. Tant pis pour vous, vous ne faites pas partie de la diversité !

port453Après le préfet c’est l’incontournable Yann Arthus Bertrand qui prend la parole. Oui on parle bien de cet écolo-photographe qui passe sa vie..en hélicoptère. L’homme se lance donc dans un parallèle avec la diversité naturelle. Mais s’il y a bien une preuve que la diversité mondiale est artificielle c’est bien la nature ! La diversité naturelle existe mais elle est propre et unique à un territoire géographique spécifique pas à l’ensemble de la planète. La diversité de la forêt amazonienne ne s’exprime pas dans la toundra russe, ni dans les Pyrénées. Elle s’exprime en Amazonie. Les identitaires ne sont pas tous des biologistes diplômés mais ils ont quand même compris cela. Si Yann Arthus Bertrand était objectif il dirait, « la diversité africaine doit s’exprimer en Afrique » et pas « la diversité africaine doit s’exprimer en Europe ». On frôle le niveau CM2 et pourtant ça parait très compliqué pour nos amis de la diversité. D’ailleurs toujours à propos de nature, quand une espèce « étrangère » (langouste américaine ou tortue de floride par exemple) réussit à se développer dans l’écosystème local européen, on n’hésite pas à parler « d’invasion » et de « grave danger » pour les autres espèces. La nature et la science seraient-elles racistes ? Devraient-elles se mettre à promouvoir la diversité elles aussi, et introduire les pingouins à Miribel-Jonage? Les jeunes identitaires lyonnais se posent en tout cas la question.

C’est ensuite au tour de 6 personnalités de donner leur avis sur la question. La Première Malika Benlardi (sous préfet de Paris quand même) déclare que « la diversité est une chance formidable pour notre pays ». Bruno Laforestrie (président de radio génération) est lui plus radical : « il est de la responsabilité de chacun de se poser la question de son combat en faveur de la diversité (…) chacun doit devenir un militant en faveur des diversités ». Southanou Bouthivong (Vice président de la fédération de Lao Hmong) nous ressortira la rengaine du « vivre-ensemble ». Olivia Cattan (présidente de paroles de femmes) se contentera de dire que « la diversité est une richesse ». Encore ! On doit être décidément très très riche en Rhône-Alpes ! Amirouche Laidi (président du club Averroès), a mi-chemin entre Big Brother et 1984, assume le rôle de son club : « inciter les médias à contribuer à forger un imaginaire commun à l’ensemble de la diversité française ». Oui, c’est à peine croyable et pourtant ! Shoki Ali Said (président de l’association France Ethiopie » se satisfera d’un « la diversité est dans tous les cas positive ». Avec tant d’affirmations et d’injonctions on ne peut que se convaincre des bienfaits de la diversité.

m54Sur la page suivante c’est un visuel qui évoque la charte anti-discrimination du Conseil régional dont parlait Queyranne. La région se paie donc le luxe d’une petite publicité sur son joujou-diversité qui a été réalisé avec tous pleins « de jeunes et d’associations de lutte contre les discriminations ». On est rassuré. Mais le Conseil régional n’est pas le seul à avoir inventé son « truc-diversité ». La ville de Lyon à réfléchit à un conseil consultatif appelé « GIPIV » qui sert notamment à « sensibiliser les agents et les élus » et à mettre en place des plans « anti-discriminations ». Lyon qui concourt également à l’obtention du « Label National diversité » va développer « un outil d’observation et de diagnostic sur les discriminations (…) ». Bien de loin de la sacro-sainte égalité républicaine, notre maire Gérard Collomb envisage même l’organisation de « concours de la fonction publique pour des publics de quartiers prioritaires ». C’est à dire des concours réservé aux jeunes issus de l’immigration. L’incarnation de la discrimination positive pour eux et négative pour nous, autrement dit « la diversité en action ».

La parole est ensuite à Monsieur Jacques Gallois, directeur de l’école de commerce 3A. Après une tirade sur l’adaptation de l’école aux enjeux mondiaux, l’homme se vante d’avoir la moitié de ses enseignants « d’origine étrangère ». Une qualité que les élèves doivent aussi développer puisque le processus de recrutement préfère retenir « quelqu’un qui à vécu à l’étranger ou envisage un stage ou un emploi à l’étranger ». L’école de commerce remettra donc le « prix de l’audace » lors de ces trophées pour la diversité et défendra le salon du « commerce équitable ». Nos producteurs laitiers locaux seront ravis d’apprendre que l’on se soucie d’abord des petits producteurs de café du Brésil. On notera également que l’école bénéficie d’une page pleine de publicité dans ce supplément. Un petit arrangement courant dans la famille diversité.

Nous passerons rapidement sur l’interview de Sylvie Plot, directrice de la communication de la SNCF pour qui la diversité fait partie de « l’ADN » de l’entreprise.

Denis Laplane, Directeur régionale de BNP Paribas Rhones-Alpes se vante dans les colonnes du suplément, d’être le premier employeur de la Seine-Saint-Denis. Un titre que l’on doit sûrement lui envier. Les entreprises d’aujourd’hui « sont conscientes que la diversité est une des conditions de l’innovation et de la créativité » poursuit-il. Mais BNP Paribas c’est aussi un programme dédié au développement de l’emploi dans les zones sensibles avec le « Projet Banlieue. » Celui des Apaches nous apparait bien plus sympathique.

458C’est ensuite au tour de SFR de nous montrer son ambition diversifiée. L’opérateur a le droit à une pleine page pour exposer son travail. SFR se déclare comme une entreprise qui « s’investit fortement dans la problématique de la diversité ». On ne saurait mieux dire. C’est ainsi que « l’acteur phare de la diversité » a mis en place une charte-gadget interdisant la discrimination à l’embauche. Comme-ci celle ci était autorisée auparavant. Mais SFR est également partenaire de « Mozaik RH », un « expert de la diversité au profit des ressources humaines », qui permet d’intégrer « des jeunes issus des zones sensibles » en contrat d’apprentissage. Enfin pour couronner le tout, l’entreprise de téléphonie mobile travaille avec une agence de communication « de l’autre coté du périph », une agence qui n’emploie « que des jeunes issus de la diversité ». Flagrant délit revendiqué et assumé de racisme anti-blanc…?

Guy Mathiolon, président de la CCI de Lyon, nous apporte ensuite son éclairage de professionnel du commerce au sujet de la diversité. Pour lui dans l’entreprise diversifiée il y a « une étincelle supplémentaire » et déclare vouloir que « les salariés soient recrutés pour leurs compétences et non pour autre chose ». Passer son temps à faire l’éloge des origines diversifiées des employés et ensuite demander un recrutement de compétences, voici une nouvelle contradiction. Mais nous sommes mauvaise langue puisque « les salariés issus des minorités ont un niveau d’implication et de reconnaissance plus important ».

La double page suivante nous offre une communication de la ville de Lyon intitulée « Lyon se construit dans la diversité ». Elle est vraiment partout. Même dans l’illustration qui clôturera cette article.

Dans un nouvel article, Patrick Lescure directeur de Pôle Emploi, déclare avoir sélectionné une « centaine de CV sur la base de la promotion de la diversité » à la demande d’Areva. Les ingénieurs recalés sauront donc pourquoi ils le sont.
Plus loin, la Compagnie Nationale du Rhône se vante « d’avoir formé à la diversité 214 agents et membres du comité directeur ». Et vous êtes-vous « formés à la diversité ? »

Nous arrivons au terme de l’analyse. Nous avons ensemble pu constater que la diversité est un concept aussi creux que contradictoire, mais surtout résolument anti-français et anti-blanc. Nous avons aussi remarqué que la promotion de cette diversité s’organise par l’intermédiaire d’une multitude de clubs élitistes, de chartes, de labels, de conseils spéciaux, et de trophées médiatiques. Le tout financé par des entreprises « partenaires » qui souhaitent améliorer leur image auprès du public « diversité » devenu si important, que désormais incontournable.

Rebeyne! www.lyonlemelhor.org

=> consulter en ligne le supplément du Progrés ( format pdf)

D.R

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