Où sont les féministes ?

Où sont les féministes ?

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Lynchages, tabassages pour une cigarette, « happy slapping », agressions sexuelles diverses et variées, insultes, menaces… la nouvelle barbarie urbaine s’est peu à peu tellement banalisée –notamment du fait de sa « massification »- que l’on finit presque par lire le récit de ses expressions quotidiennes avec une certaine indifférence voire un certain ennui blasé. La rubrique « faits divers », par la monotonie de sa crapulerie sordide, finit par nous tomber des mains.

Notre capacité d’empathie, notre aptitude à percevoir des individus en chair et en os, des êtres souffrants, derrière la première lettre des prénoms de victimes semblent désormais grandement entamées par la répétition inlassable des mêmes scénarios tragiques.

« Entrainée dans une cave et violée collectivement », « frappée au sol par plusieurs individus », « battue puis poignardée », « abusée sexuellement devant les yeux de son petit ami », «torturée tout une nuit et filmée »… ces mots imprimés et inlassablement reproduits finissent par se détacher de leur objet concret pour ne former qu’une sorte de brouhaha de l’horreur qui glisse sur nous comme un murmure lointain et étranger. Tant que nous n’y sommes pas directement et charnellement confrontés, cette violence extrême peine à trouver en nous l’écho de colère et de révolte que son intolérable abjection devrait normalement susciter.

Seule, parfois, l’irruption d’images prises sur le vif d’une agression parvient à nous sortir quelque peu de notre cotonneuse léthargie en nous laissant apercevoir concrètement une bribe de cette réalité vécue au quotidien par nombre de nos compatriotes.

Ce fut le cas lors de la diffusion des images de la ratonnade dont a été victime le jeune étudiant masochiste de sciences-po qui fût le seul à ne pas entendre les injures racistes anti-blanches proférées par ses agresseurs. C’est aujourd’hui à nouveau le cas avec la vidéo de cette agression bestiale et gratuite d’une jeune fille en Seine-Saint-Denis, vidéo enregistrée par l’un des protagonistes rigolards tellement sûr de son impunité qu’il la diffusée sur sa page web « facebook ».

Face au spectacle de cette explosion de bassesse et de lâcheté, notre sang anémiée se met à nouveau à bouillir quelque peu, mais pour combien de temps ? Et avec quelles implications autres qu’un cri de rage, un coup de poing dans un mur et un article écœuré posté sur un blog ?
Sans doute, dès demain, aurons-nous retrouvé, derrière nos portes blindés ou la tranquillité relative d’un quartier bourgeois, le confort de notre quiétude aveugle et égoïste.

Puisque les hommes n’en sont plus vraiment, tournons-nous vers les femmes qui devraient, dans le cas présent, être les plus directement horrifiées par la vision de cette agression. Tournons-nous même vers celles qui se prétendent les plus préoccupées de la condition féminine, ces fameuses féministes toujours en alerte contre l’ombre menaçante et obscurantiste du patriarcat et du « machisme ». Où sont-elles ? Qu’attendent-elles pour se mobiliser et mobiliser leurs innombrables relais médiatiques afin de dénoncer et combattre ces actes qui expriment le mépris le plus absolu pour la femme.
Agressée et battue car coupable d’avoir refusée de donner son numéro de téléphone à un petit voyou dans la rue, avec pour commentaire de l’un des salopards : “Ça, c’est pour les filles qui ne veulent pas donner leur numéro de téléphone portable, qui ne veulent pas coopérer, voilà ce qu’il se passe, ca part trop vite. Mort de rire. Boboch (Bobigny), c’est fou les mecs ! “ ***.

Peut-on imaginer incarnation plus parfaite de ce que nos « chiennes de garde » et consorts sont sensées abhorrer et vouloir éradiquer ?

Alors pourquoi ce silence ? Pourquoi cette absence totale de réaction alors que ce genre de faits se répète depuis des années ? Pourquoi cet abandon complet de tant de femmes et de jeunes filles qui n’ont pas la chance d’habiter ou de travailler dans le bon quartier ?
On pose la question mais on soupçonne la réponse.
Sans doute faudrait-il pour impliquer et mobiliser ces dames que la couleur de peau des victimes et des bourreaux soit inversée… Mais, malheureusement, dans la rue, au bas des tours d’immeubles, dans le RER et le métro, bref dans le réel, ce n’est pas souvent ainsi…

Mais il est vrai que le réel, cela fait bien longtemps que ces idéologues germanopratines s’en contrefoutent.

Xavier Eman

*** Dans le texte ci-dessus apparait la traduction en français du message paru sur la page « facebook » sur lequel était diffusée la vidéo. Le texte en VO était « Sa Cés Pour Les Meuf Qui Veulent Pas Pasé Leur 06 Qui Veul Pas Coperé Voila Ski Ce Passe Sa Par Tro Viite Mdrrr !! Boboch Cé Fooleck Mek »

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