Vers de nouvelles formes de résistance

Vers de nouvelles formes de résistance

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Je me souviens, voici trois semaines, que peu de personnes y croyaient. Et pourtant, l’initiative « Apéro géant saucisson et pinard à La Goutte d’Or » s’est conclue par un formidable succès militant, politique et médiatique.

Si les autorités ont montré leur vrai visage en interdisant le rassemblement citoyen à la Goutte d’Or – tout en fermant les yeux sur les prières musulmanes illégales dans ce même quartier –, nous avons rapidement rebondi en déplaçant le rendez-vous vers un autre lieu symbolique de Paris. Nous nous sommes ainsi retrouvés près de l’Arc-de-Triomphe, à l’endroit où, le 11 novembre 1940, des milliers de Parisiens s’étaient heurtés pour la première fois aux forces d’occupation. Un choix logique lorsque l’on sait que, dès le début, nous avions clairement inscrit notre action dans le cadre du 70e anniversaire de l’appel à la résistance du général De Gaulle.

Grâce au soutien de 23 partis, organisations, associations, sites et blogs d’information, la manifestation a réuni plus de 800 citoyens déterminés à faire entendre, dans le plus grand calme et le plus grand respect des lois de la République, leur refus de l’islamisation de la France.

Ce rassemblement des résistants du 18 juin 2010 est une première en France.
Un rassemblement trans-courant qui a réuni des personnes de sensibilités différentes pour dénoncer, le temps d’une action, une menace qui nous préoccupe tous. Au-delà de profondes divergences avec des structures comme Riposte laïque, Résistance républicaine ou encore la Droite libre, cette mobilisation est avant tout une victoire du pragmatisme politique, du respect pour les différences et les richesses de chacun, et du refus de postures idéologiques génératrices de divisions. Cela au moment où l’urgence nous impose, pour la défense de notre identité et de notre avenir sur notre terre, d’être absolument efficaces.

Si ce rassemblement est un succès, il faut savoir que la pression sur les organisateurs a été considérable. Pression médiatique mais également pression policière et étatique. Tout a été fait pour nous dissuader d’aller jusqu’au bout. Durant les deux jours qui ont précédé le rassemblement, les intimidations, convocations et appels téléphoniques se sont succédé. Quelques heures encore avant la manifestation, certains policiers nous cherchaient pour entendre Pierre Cassen, Bruno Larebière et moi-même. Sentant le piège pour nous neutraliser avant le rassemblement, nous avons tenu bon. Et nous avons eu raison. Dès lors, mise devant le fait accompli, la préfecture se voyait obligée de sécuriser le quartier pour accueillir les militants qui arrivaient par centaines de toute la France.

L’initiative « Apéro géant saucisson et pinard » représente une victoire, à plus d’un titre. C’est, tout d’abord, la première fois en France qu’un événement « virtuel » organisé via un réseau social comme Facebook se transforme en rassemblement politique et citoyen dans la rue. Notre maîtrise des nouvelles technologies nous a également permis de favoriser le développement d’un buzz mondial, de prendre à revers les médias classiques et de libérer la parole sur la question de l’islamisation. Et, il faut bien le dire, nous avons remporté la bataille de l’opinion. Il suffit, pour s’en convaincre, de voir le nombre de réactions des internautes sur les milliers de sites qui évoquent notre initiative. Affolés par la tournure que prenaient les événements, un certain nombre de médias ont préféré bloquer les commentaires et les sondages en ligne. Le décalage entre le peuple et une certaine élite médiatique, claquemurée dans ses certitudes idéologiques et partisanes, a explosé au grand jour. Au final, ce sont près de 80 % de Français qui se sont déclarés favorables à cette initiative. Un vrai plébiscite !

Par ailleurs, nous avons réussi à faire bouger les lignes de manière considérable. En suscitant la mobilisation de militants croyants, athées, agnostiques, de droite ou de gauche, tous réunis et prêts à discuter dans le calme et la sérénité. Sans parler du soutien public de personnalités telles qu’Eric Zemmour, Ivan Rioufol ou encore Elisabeth Lévy.

Dans le même temps, notre action était prise pour cible par un attelage quelque peu hétéroclite allant de SOS Racisme jusqu’à certains représentants d’une extrême droite passéiste, ringarde et caricaturale qui nous reprochaient nos « compromissions » et nos « reniements ».

Quelles sont les raisons de cette vindicte sectaire à défaut d’être populaire ? Seuls les nationalistes – ou ceux qui se prétendent tels – détiendraient la légitimité du combat contre l’immigration et l’islamisation, et s’associer à des structures de gauche constituerait une faute politique. Fichtre ! Ces gens-là préfèrent donc perdre toutes les batailles, seuls, qu’en gagner n’en serait-ce qu’une avec d’autres ! Et d’ailleurs, que veulent-ils au juste ? Sauver la France et l’Europe de la submersion migratoire et de l’islamisation, ou se draper dans une posture archaïque et suicidaire – pour eux, ce qui n’est pas grave, mais surtout pour le peuple français, ce qui est, là, un véritable crime contre la patrie ?

Que cela soit clair une fois pour toutes : non, nous ne sommes donc pas d’extrême droite. Nous sommes de droite populiste (ou simplement populistes). Etre populiste, c’est défendre son peuple. Défendre son peuple, c’est défendre son identité. Défendre son identité, c’est mettre tout en œuvre pour fédérer tous ceux qui ont conscience du péril et veulent y faire face, quelles que soient par ailleurs leurs positions politiques. C’est un devoir, c’est, pour citer De Gaulle, une « impérieuse nécessité ».

Nous osons nous revendiquer du général De Gaulle. C’était déjà le cas dans le cadre du débat sur l’identité nationale. Oui, le général De Gaulle représente un symbole de résistance à l’occupant, et le drapeau de l’occupant est aujourd’hui frappé du croissant. Ceux qui auraient cru que notre modèle se trouve dans la collaboration avec l’occupant n’ont rien à faire dans nos rangs. Nous sommes et nous serons toujours des résistants, dans la lignée de nos ancêtres qui, au prix de leur vie, ont défendu notre sol contre l’envahisseur.

Nous avons employé les termes de république et de laïcité. Si j’ai, en effet, déclaré que l’islam représentait une menace pour la République et la laïcité, j’ai également ajouté que cette religion était profondément incompatible avec les valeurs de la civilisation européenne.

Par ailleurs, la laïcité, en 2010, ne peut être réduite à un éventuel combat anti-clérical et je continue à penser que la foi doit rester dans le domaine privé. Si l’Europe a bel et bien un fonds chrétien, si l’histoire de l’Europe est indissociable de l’histoire de la chrétienté (comme elle ne peut être séparée d’Athènes et de Rome), la référence à la laïcité ne peut être associée à une déclaration de guerre contre la religion. Si, il y a un siècle, la séparation de l’Eglise et de l’Etat s’est imposée de façon extrêmement brutale et injuste contre le christianisme, et particulièrement contre le catholicisme, c’est aujourd’hui, paradoxe de l’Histoire, grâce à la persistance d’un cadre chrétien qu’une laïcité ouverte, apaisée, tolérante, peut perdurer. Les deux ne sont plus incompatibles, le sort du christianisme et de la laïcité deviennent même liés face à un islam qui ne tolère ni l’un ni l’autre.

Quant à la référence à la République, j’ignorais que le concept fût né en 1789. Il me semble que d’autres républiques ont vu le jour bien avant et que celles-ci – la République romaine par exemple – ne défendaient pas une vision jacobine de la société. Il n’est pas interdit de faire appel au concept de République en imaginant une évolution – notamment plus démocratique et plus fédéraliste – plus conforme à notre conception identitaire.

Pour résumer, l’extrême droite rassemble aujourd’hui des gens qui se projettent dans un passé heureusement révolu ou qui rêvent d’un futur fantasmé. Nous, Identitaires, nous voulons simplement vivre dans le présent et répondre efficacement aux dangers qui menacent notre peuple. Nous n’en voulons pas à la terre entière. Nous ne croyons pas que la cause de nos maux se trouverait dans certains lobbies qui gouverneraient le monde. La cause, l’unique cause de nos maux, elle est en nous, peuple français et peuples européens, que notre devoir historique est de réveiller. Nous voulons prendre notre destin en main, affronter le réel et faire gagner nos idées.

Il fallait mettre de côté nos divergences, le temps d’une action, pour provoquer un vaste débat et donc faire avancer nos idées. Nous l’avons fait, nous ne regrettons rien, nous recommencerons. Le 18 juin 2010 fut un point de départ, pas un achèvement.

Et nous restons bien évidemment fidèles à nos « fondamentaux » : une vision ethno-culturelle de l’identité, l’amour de la France, l’attachement à nos régions qui sont nos patries charnelles ou encore le rêve d’une Europe de la puissance. Nous considérons l’islamisation comme une menace pour notre civilisation mais notre combat est polymorphe : anti-immigration, localiste, fédéraliste, démocratique, écologiste et populiste.

Nous continuerons donc à nouer des alliances objectives et ponctuelles avec d’autres sensibilités car les menaces sont trop fortes aujourd’hui pour s’enfermer dans ses chapelles idéologiques. La situation appelle de nouvelles convergences et commande d’autres formes de mobilisation citoyenne. Nous sommes à l’époque du Réseau. Travail en réseau – et maîtrise du réseau Internet –, tel est le nouveau support de la guérilla citoyenne pour faire entendre la voix de la résistance.

Fabrice Robert, président du Bloc identitaire.

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