Philippe Vardon, de retour dans l’arène electorale !

Philippe Vardon, de retour dans l’arène electorale !

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Le 15 septembre 2008, je subissais un jugement d’une rigueur rarement égalée dans le cadre de poursuites pénales à caractère politique. Poursuivi pour la rédaction du tract « Ni voilée, ni violée » et un délire juridique de « reconstitution de ligue dissoute » (la représentante du Parquet reconnaissant elle-même pendant l’audience que les éléments fondant le délit n’étaient pas réunis, ce qui n’empêcha en rien ma condamnation), je récoltais plusieurs dizaines de milliers d’euros d’amende (je terminais alors mes études…), deux peines de six mois de prison avec sursis et deux ans de privation de mes droits civiques… On m’avait instruit un véritable procès en sorcellerie, et la cour d’appel d’Aix-en-Provence avait décidé de me faire monter sur le bûcher.

Mes énormes condamnations pour le tract « Ni voilée, ni violée » – n’opérant nullement un amalgame, mais voulant montrer deux types de violences faites aux femmes – constituent un cas rare de violence judiciaire pour délit d’opinion. Faisant planer un risque de placement en détention en cas de récidive, me mettant dans une situation financière difficile, et me privant de participation électorale, l’Etat se donnait tous les moyens pour neutraliser un dissident. Comme je l’avais alors expliqué à un journaliste, c’était peut-être heureux pour moi que la peine de mort fut abolie…

La privation de droits civiques, pour un responsable politique, est une condamnation vraiment vicieuse. Les juges ont décidé de me priver du droit de vote, et donc du droit de me présenter à une élection, alors même que quelques mois auparavant, la liste que je dirigeais aux élections municipales avait rassemblé 5 000 Niçois. Beau respect de la démocratie, de la volonté du peuple, que les juges nous signifiaient là. Mais je ne crois pas qu’il soit en ce moment besoin d’en rajouter – de l’incarcération de René Galinier à la libération du second braqueur de Grenoble en passant par la mort de Natacha Mougel – sur la qualité d’une partie de la magistrature française…

Je me rappelle d’un échange assez vif avec le représentant de SOS Racisme lors de l’audience. Je lui avais alors expliqué que ma candidature avait reçu le soutien de plus de monde sur la seule ville de Nice que son association agonisante ne réunissait d’adhérents dans toute la France. Je crois que ça ne lui avait pas tellement plu, mais il s’était montré beaucoup plus courtois à mon encontre ensuite.

Privé de droits civiques, je rentrais donc dans la peau d’un sous-Français, moins citoyen qu’un Malien régularisé de fraîche date. Coupable de dénonciation de l’islamisation, je ne pouvais plus voter ou me porter candidat à aucune élection, alors même que le président Sarkozy se déclarait favorable (« à titre personnel ») au droit de vote des étrangers lors des élections locales.

Cette condamnation a été une véritable frustration. J’ai vu passer les combats électoraux – élections législatives et cantonales partielles, élections régionales – sans pouvoir réellement y prendre part. Bien sûr je me suis investi, de toutes mes forces, mais piloter une campagne, soutenir le candidat dans sa communication, cela n’a rien de commun avec la mise en danger personnelle, et donc la tension, que représente une candidature. Pour comparer avec un autre univers que je connais bien, c’est toute la différence entre être dans le coin d’un boxeur et monter soi-même sur le ring.

Nous sommes de ceux qui pensent que « ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort » et qu’il faut affronter les épreuves comme elles viennent, et c’est ce que nous avons donc fait. Finalement, ces deux années passées dans l’ombre (électorale, car il me semble que sur le plan de l’activisme de terrain ou de l’offensive idéologique je n’ai pas passé mon tour !) m’auront permis de me perfectionner sur des aspects plus techniques, d’apprendre à travailler différemment et dans le même temps nous serons parvenus à faire émerger plusieurs autres représentants Identitaires sur Nice qui ont porté nos couleurs avec vaillance, et sans doute parfois mieux que je ne l’aurais fait. Repensons notamment à l’excellent résultat obtenu par Benoît Lœuillet il y a un an à peine dans une élection cantonale partielle avec près de 8 % des suffrages.

En voulant nous bâillonner, l’Etat a finalement multiplié nos porte-paroles ! C’était bien tenté, mais ça n’a pas marché. Pour verser un peu dans le lyrisme, je pourrais citer le Che quand il proclame « qu’importe où nous surprendra la mort ; qu’elle soit la bienvenue pourvu que notre cri de guerre soit entendu, qu’une autre main se tende pour empoigner nos armes ». Bien entendu, ma mort ne fut que symbolique, et en guise d’armes c’est le mégaphone qu’il a fallu que d’autres empoignent, mais l’idée est bien là : nous avons su démontrer à nos ennemis qu’il ne suffisait pas d’en abattre un pour que l’édifice s’écroule, et que nous étions parvenus à bâtir un vrai mouvement.

Voilà dix jours que ma privation de droits civiques a pris fin. Me voici donc bel et bien de retour dans l’arène. Je ne doute pas que nos ennemis vont de nouveau lâcher les lions, mais qu’ils comprennent bien que le gladiateur que je m’efforce d’être dans cette sauvage arène électorale a passé deux ans en cage, à les observer, à rêver de pouvoir les affronter à nouveau, à se perfectionner. De nouveau électeur, et éligible, je serai donc bien entendu candidat aux élections cantonales de mars prochain. Pour commencer.

Philippe Vardon,
président de Nissa Rebela,
Membre du bureau exécutif du Bloc Identitaire

Tribune libre – De retour dans l’arène électorale, par Philippe Vardon


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