Les trois France : France des privilégiés, France d’origine immigrée, France ostracisée

Les trois France : France des privilégiés, France d’origine immigrée, France ostracisée

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La crise sociale rampante que connaît notre pays révèle une fracture profonde qui divise de plus en plus la France en trois groupes concurrents, en trois France rivales.


La France des privilégiés

La France des privilégiés d’abord, qui constitue le principal soutien de la majorité parlementaire actuelle et de l’action de Nicolas Sarkozy. Elle est avant tout constituée par la nouvelle classe dirigeante des managers des entreprises transnationales, par des institutions financières et par leurs compagnons de route médiatiques et politiques notamment. La France des privilégiés est la France légale, celle des gyrophares et des médias. Elle comprend aussi les retraités riches et certaines professions protégées de la concurrence mondialisée.

Tous sont les principaux bénéficiaires du libre-échangisme mondialiste.

Les entreprises transnationales font supporter aux Etats les conséquences de leurs prises de bénéfices, c’est-à-dire des réductions d’effectifs, des délocalisations et de l’immigration. Elles payent moins d’impôts relativement à leur richesse que les autres agents économiques.
Les seniors ont leurs retraites et leur dépendance, financées par les actifs d’aujourd’hui, c’est-à-dire par les enfants qu’ils n’ont pas voulu faire hier. Ils ont profité de la hausse du prix de l’immobilier et de la bulle financière née des privatisations des années 1990. Ils profitent de la hausse continue des dépenses de santé et de la baisse des prix à la consommation qui est une conséquence de l’ouverture des frontières économiques.

Bien entendu, la France des privilégiés ne comprend pas les grévistes et les accuse de mettre en péril l’économie. Tous sont de chauds partisans des « réformes », dans la mesure où… ils n’en supporteront pas vraiment les conséquences.

La France d’origine immigrée

La France d’origine immigrée ensuite. Elle se développe numériquement et se caractérise par un taux d’activité inférieur à sa part relative dans la population. Elle reçoit en contrepartie des transferts sociaux, payés par les actifs, d’un volume plus important que son poids numérique. Elle se protège aussi par des solidarités familiales et claniques fortes, implantées solidement sur des territoires.

Elle bénéficie de l’attention constante de la France des privilégiés, toujours prompte à s’épancher sur les malheurs des « pauvres Africains » : financement de mosquées, investissements et subventions prioritaires dans le cadre de la « politique de la ville », mise en place d’une discrimination dite « positive » car elle s’exerce en leur faveur, régularisation des immigrants clandestins, législation protectrice, etc. Car les entreprises transnationales ont besoin de l’immigration. La France des « jeunes » d’origine immigrée a plutôt tendance à se retrouver épisodiquement du côté des manifestants.

La France ostracisée

La France ostracisée, enfin, est composée du reste de la population française, c’est-à-dire des actifs, de la classe moyenne salariée et des Français de souche jeunes ou pauvres. C’est-à-dire tous ceux à qui il revient de vivre dans une économie soumise à la dure loi du libre-échangisme mondialiste. Les plus nombreux.

Cette catégorie de Français connaît les petits boulots, les contrats à durée déterminée, la crainte du chômage pour elle ou ses enfants et l’accroissement des impôts, des taxes et des prélèvements. Elle a du mal à acheter un logement en centre ville et doit supporter un long temps de trajet domicile-travail. Elle éprouve des difficultés à assurer les fins de mois ; elle est endettée et elle fait ses courses dans les magasins de hard-discount. C’est elle qui supporte le plus la dégradation du service public à la française et du cadre urbain. C’est elle qui est du côté des victimes de l’insécurité, quand les « jeunes » ont « la haine ». Ce sont ses enfants qui souffriront des politiques de « discrimination positive » mises en place par la France des privilégiés, après avoir souffert de la dégradation du système d’enseignement public, délaissé par les mêmes. C’est elle enfin que la France des privilégiés accuse en permanence de tous les péchés de la terre : conservatisme, corporatisme, pétainisme, frilosité, xénophobie etc. C’est elle qui est soumise aux perpétuelles campagnes de repentance qui visent à mettre en accusation son passé, son histoire et son identité.

La France des autochtones souffre et s’inquiète pour son avenir. Mais elle n’a pas droit à la parole et n’intéresse la classe politique que tous les 4 ou 5 ans, lorsque le risque électoral menace.

La France ostracisée fait grève ou comprend les grévistes, même si elle souffre des arrêts de travail, des retenues sur salaires et des pénuries. Car c’est elle à qui la France des privilégiés promet une retraite tardive, des services sociaux réduits et « la vérité des coûts », c’est-à-dire des tarifs en hausse. Elle perçoit comme une injustice une réforme qui les touchera personnellement, alors qu’elle épargnera la France des privilégiés, cette même France des privilégiés qui a creusé les déficits et la dénatalité et qui aujourd’hui lui fait la leçon.

Bien

sûr, la frontière entre les trois France n’est pas étanche : il y a des Français issus de l’immigration qui accèdent à la France privilégiée, il y a des retraités sans ressources, il y a des autochtones qui sont riches.

A chaque France, sa trajectoire

Mais ces exceptions ne sont plus un modèle du genre. Chaque France suit désormais sa trajectoire propre.

* La France privilégiée poursuit, protégée par les cordons de CRS et par le verrouillage du système électoral, son projet mondialiste et son repli égoïste sur ses seuls intérêts.
* La France immigrée fait des enfants et impose progressivement ses mœurs et sa religion : elle a le temps pour elle.
* La France ostracisée s’enferme dans la précarité.

Jusqu’à présent cette France ostracisée était résignée. Mais aujourd’hui, différents signes montrent que les choses sont en train de changer.
Car la France autochtone se rend de plus en plus compte que le monde réel n’est pas celui de la France officielle, n’est pas celui de la France des médias et de la publicité.
Elle se rend compte aussi que les deux autres France sont liguées contre elle par un pacte implicite et qu’elle est de moins en moins chez elle dans le pays de ses aïeux.

La France privilégiée a en effet besoin de la France immigrée.
Elle empoche sans vergogne les bénéfices de sa posture immigrationniste, sans en supporter les charges : les bénéfices moraux (la France privilégiée n’est pas « raciste », bien sûr, mais à condition que les Africains s’installent en banlieue, pas dans les beaux quartiers) ; les bénéfices politiques (les personnes d’origine immigrée votent en majorité pour les candidats de gauche après avoir voté pour J. Chirac en 2002) ; les bénéfices économiques, enfin : les patrons des entreprises transnationales sont de chauds partisans de la « diversité » car elle contribue à leur bonne image auprès de leurs clients potentiels des pays musulmans, d’Afrique et d’Amérique.

La France immigrée offre aussi à la France privilégiée un peuple de rechange, ce qui est bien commode depuis qu’elle s’est coupée de la France autochtone, c’est-à-dire de son propre peuple. La France immigrée peut à loisir se moquer, voire défier les « céfrans » autochtones : jamais la France privilégiée – qui n’a que mépris pour les « franchouillards » – ne s’en offusquera.

La France des autochtones et le populisme

La France des autochtones comprend désormais qu’elle est abandonnée de la France des privilégiés, de la France officielle, et concurrencée par la France immigrée pour l’accès aux emplois et aux prestations sociales. Cette situation est politiquement et socialement explosive.

Les conflits sociaux, parfois violents, accompagnant la réforme des retraites constituent un avertissement adressé à la France privilégiée par la France ostracisée.

Un avertissement qui s’inscrit dans le grand mouvement de protestation populaire qui se dessine partout en Europe pour des raisons comparables et que les médias appellent « populisme » pour tenter de le dévaluer. Mais le mouvement est en marche.

Michel Geoffroy
26/10/2010

Correspondance Polémia – 05/11/2010

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